Départ à fond dès 6h00 pour être à l'heure au rendez-vous avec Albin, notre guide pour la journée. On commence en marchant d'un bon pas pour atteindre le jardin Shukkei élaboré à l'ère Edo par le seigneur Asano puis utilisé exclusivement par sa famille jusqu'à l'explosion de la bombe qui le rase complètement sauf le petit pont central. Petit endroit de fraîcheur non loin du château qui respire la quiétude et le recueillement. Un mini paradis avec ses nombreuses carpes (emblème de la ville d'Hiroshima et nom de son équipe de base ball), ses tortues et ses crabes car il est alimenté par une rivière non loin de l'embouchure, l'eau y est donc un peu salée. On marche quelques minutes pour atteindre le château (ou plutôt sa réplique car il n'en reste rien).
Puis on retourne 72 ans en arrière en regardant les restes du dôme du bâtiment qui se trouvait quasiment à l'épicentre de l'explosion. On commence à appréhender les lieux en observant les différents monuments érigés en souvenir des victimes, les étudiants, les enfants pour lesquels on plie encore aujourd'hui des milliers de grues en origami. (Mémoire d'une petite victime n'ayant pas réussi à plier les 1000 grues qui apportent la vie éternelle) C'est émouvant, ...et ce n'est que le début.
On entre dans le musée éponyme qui, bien qu'étant en travaux, est très complet. Une animation nous montre le croisement de pont qui servi de repère à l'équipage d'Enolagay. La vie avant...puis pendant ... puis après. On termine par 2 salles qui respectivement nous donnent la nausée et nous embrument les yeux. La première montre les dégâts sur les objets du quotidien, un tricycle, une bouteille en verre fondue, des vêtements (une robe ...impossible à photographier...) des photos qui ressemblent tant à celles que l'on étudie pour parler de l'Holocauste. L'horreur est universelle. Dernière salle, des témoignages, des mots de victimes, dernières pensées, pas de haine juste une immense tristesse. Puis on ressort, changés, on s'en souviendra.